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Messe de la SantéUne messe, un témoignage, une pensée pour ceux qui souffrent. En l'église du Sacré Coeur de Blanc-Misseron s'est déroulée une messe de la santé le samedi 10 février. L'abbé Wiart, a officié, entouré des membres des relais de la paroisse Sainte Maria Goretti. Cette cérémonie a été également l'occasion de recevoir un témoignage du corps médical qui est en première ligne pour prendre en charge nos malades et leurs souffrances. Nous vous livrons ci dessous le texte de l'intervention du Dr Anne-Sophie CIAPA-MONTUELLE.
Je suis médecin généraliste de formation et mon désir de travailler auprès des personnes âgées n’est venu que plus tard quand il a fallu faire un choix entre la médecine de ville et la médecine hospitalière. La gériatrie offrait une bonne alternative : une spécialité médicale variée mais en milieu hospitalier. Cependant après 4 ans d’hôpital où la prise en charge devait être rapide au détriment des rapports humains, j’ai quitté ce monde pour celui des maisons de retraite médicalisées où les relations humaines sont primordiales et où l’on prend son temps.
Quand on me demande où je travaille et que je réponds : « En maison de retraite ! » On me dit « Oh là là, comme cela doit être difficile ! Quel courage vous avez !! » Mais on a souvent une vision erronée de la vie en maison de retraite : on imagine des personnes qui crient, qui errent dans les couloirs sans but, des personnes qu’on lave, que l’on nourrit pour rythmer les longues journées. Mais on oublie souvent que ces personnes âgées ont été des maris, des épouses, des pères, des mères avec des peines et des joies et une vie passée qui se respectent.
Le plus difficile pour le soignant qui travaille avec des personnes âgées est d’accepter qu’il est hors de porter de guérir le vieillissement et donc de reconnaître d’autres sources de valorisation en mettant en avant les capacités restantes et en privilégiant l’autonomie de la personne. De plus, l’entrée en maison de retraite marque souvent une rupture : la personne âgée s’installe dans un lieu de vie différent, en collectivité où elle doit s’adapter à de nouvelles règles. Cette entrée en institution n’a pas toujours été choisie mais imposée par une perte d’autonomie, un isolement social et familial et d’autres facteurs rendant le maintien à domicile impossible. Cependant nous nous efforçons en maison de retraite de respecter le rythme de vie des résidents en gardant leurs horaires de lever et de coucher, leur choix alimentaire (même si on sait bien que ce ne sera jamais aussi bon qu’à la maison…) De nombreuses activités sont également proposées permettant de continuer à avoir des repères (toutes les occasions sont bonnes : anniversaires, arrivée des saisons, Noël, Pâques…). Les activités permettent également de garder une vie sociale : lecture du journal, visites des bénévoles, des enfants des écoles…. Mais les moments qu’ils préfèrent (et nous aussi) sont l’évocation de leurs souvenirs (leur famille, la vie d’avant, leurs métiers dont certains aujourd’hui disparus, la guerre…) : tout cela est tellement enrichissant et les nombreuses difficultés qu’ils ont rencontrées nous aident à relativiser. Paradoxalement si tous disent que la vie à notre époque est plus facile, peu d’entre eux voudraient y vivre.
Et puis vient le moment où inexorablement la vieillesse et/ou la maladie font leur chemin, alors, c’est quand il n’y a plus rien à faire que pour le soignant tout reste à faire : travailler à l’accompagnement de la personne âgée en fin de vie et de sa famille. C’est pour ça qu’il est important pour nous soignants de prendre conscience qu’il faut vivre l’instant présent en toute humilité.
Extrait de la charte des droits et libertés de la personne âgée dépendantes : « La vieillesse est une étape de l’existence pendant laquelle chacun doit pouvoir poursuivre son épanouissement »
Les béatitudes collées sur le panneau au cours de la célébration.
Article écrit par Dominique Berteaux.
Publié Dimanche 18 février 2007
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