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Accompagnement spirituel des malades

Compte-rendu de la rencontre du 19 mai et invitation à une autre rencontre le 24 juin (en doyenné)

le Vendredi 24 juin 2011 à 10h 00

PROCHAINE RENCONTRE :

VENDREDI 24 JUIN au PRESBYTERE de CURGIES de 10H à 12H.

INVITATION A DIFFUSER LARGEMENT SVP.

 

Compte-rendu de la rencontre du 19 mai 2011 à Curgies, pour le  Doyenné des Marches du Hainaut

Groupe de recherche sur la présence chrétienne auprès des malades


La démarche a été entreprise à la suite de la visite pastorale de Mgr Garnier dans les trois paroisses du Doyenné des Marches du Hainaut.

Dans un premier temps, notre évêque a souhaité rencontrer les personnels de santé : rencontre qui s'est faite au centre de soins Dominique Savio à Crespin.

Dans un deuxième temps, notre doyen Monsieur l'abbé Christophe DECHERF et son conseil de doyenné ont rencontré à ESCAUPONT les responsables du service de la pastorale de santé diocésaine. Au cours de cette rencontre, M. L’abbé Alain Dupont a fait un état des lieux de la présence du SEM dans nos paroisses. Brigitte et Didier Darras nous ont fait un exposé sur le fonctionnement du SEM et celui de l'aumônerie des hôpitaux.

Dans un troisième temps, un petit groupe de recherche composé de professionnels de la santé s'est réuni à Quiévrechain autour de Philippe Dekoker, Brigitte et Didier Darras, Paulette Lécot (représentante du SEM, Service Evangélique des Malades). Ils ont réfléchi autour des questions suivantes :

- peut-on modéliser dans nos paroisses un service d'aumônerie comme il existe dans les hôpitaux ?

- Y a-t-il une demande d'accompagnement spirituel chez les malades à domicile et dans les maisons de retraite?

- Qui peut se charger de cet accompagnement ?

- Comment peut-on faire connaître la possibilité d'un accompagnement et peut-on se servir des infirmières pour transmettre l'information ?

- Quelles sont les limites d'un accompagnement laïc fait dans un esprit de « pastorale d'engendrement » comme cela existe déjà à Quiévrechain au sein d'un « relais écoute » ?

Le quatrième temps c'est celui de ce 19 mai 2011 à Curgies. Dans le cadre de la neuvaine à Sainte Rita, cette rencontre était proposée aux personnes qui ont déjà une présence effective auprès des malades et à toutes celles qui se préoccupent de cette mission essentielle de l'église.

Au fur et à mesure de nos rencontres, différents éléments se précisent, différentes questions se posent et ne peuvent trouver une réponse que par une réflexion collective.

En ce qui concerne le Service Evangélique des Malades (SEM) :

Le SEM est en difficulté dans nos paroisses, il n'existe plus dans certains clochers, à cause essentiellement du vieillissement de ses membres et de l'absence de renouvellement. Les personnes qui ont l'habitude de visiter leurs malades continuent à le faire et souvent leur apportent la communion, mais il s'agit d'un geste individuel, et certaines personnes se plaignent de leur relatif isolement dans ce service.

Le troisième temps a permis de rencontrer des personnels de santé à la retraite ou encore en activité qui seraient prêts à assurer une présence spirituelle auprès des malades mais qui ne veulent pas porter l'étiquette du SEM. A priori, ils voient toujours dans le SEM un service d'évangélisation. Pourtant le SEM a beaucoup évolué dans sa façon de concevoir la présence chrétienne auprès du malade, mettant en priorité l'écoute et l'accompagnement.

Le SEM bien sûr ne prétend pas avoir le monopole de l'accompagnement des malades à domicile, mais il a l'avantage d'être un service d'Eglise reconnu et une référence. Faire Eglise dans cette mission semble essentiel, ce qui implique d'éviter d'être un « électron libre » et d'être isolé dans cette démarche sans référence à la communauté.

En ce qui concerne l'aumônerie des hôpitaux :

Pourquoi essayer de modéliser son fonctionnement et de l'adapter à nos paroisses ?

L'aumônerie des hôpitaux est tout d'abord un modèle de vie en Eglise. Parce qu'il n'y a pas l'encadrement du territoire paroissial ; parce que c'est une communauté qui applique une pastorale d'engendrement où l'on ne se pose plus la question de savoir : qui va-t-on faire venir l'Eglise ? Mais : vers qui l'Eglise va-t-elle aller ?

L'aumônerie des hôpitaux est aussi un modèle de fonctionnement. Parce qu'elle participe à la vie d'une structure de la société civile. Son utilité est connue et reconnue dans l'hôpital. Chaque infirmière, chaque aide-soignante est attentive aux besoins spirituels du malade et sait qui appeler et quel est le numéro de téléphone à appeler.

Comment peut-on appliquer ces éléments aux malades hospitalisés à domicile, aux malades des maisons de retraite et aux autres malades à domicile qui souhaitent un accompagnement chrétien mais ne savent pas à qui s'adresser ?

On ne peut répondre à ces questions qu'ensemble, en Eglise ; voilà vraiment la fonction et l'utilité de notre groupe de recherche.

Voici quelques propositions entendues au cours de notre dernière rencontre :

Pour bien coller au fonctionnement de la société civile, dans l'organisation de notre présence auprès des malades, il vaut mieux parler de communes et non plus de clocher ou de relais, termes qui ne sont connus que de nos paroisses.

Il faudrait qu'il y ait un ou deux référents dans chaque commune qui soit connu par la paroisse, par la commune, par les centres de soins en particulier les infirmières et les aides-soignantes, les médecins,les pharmaciens, les kinésithérapeutes et par le service d'aumônerie des hôpitaux.

Il faudrait qu’existe un lien effectif entre le service d'aumônerie des hôpitaux et le service d'accompagnement à domicile pour que tout malade hospitalisé puisse être recommandé aux services d'aumônerie et que le service d'aumônerie puisse joindre le référent de la commune à la sortie du malade de l'hôpital.

Le référent de chaque commune qui sera connu et reconnu et dont le numéro de téléphone sera inscrit dans les documents des communes, des paroisses, des centres de soins, des aumôneries des hôpitaux, ne sera pas celui ou celle qui interviendra forcément auprès du malade. Mais il sera en relation avec d'autres personnes localement qui seront peut-être plus à même que lui pour répondre aux besoins du malade. Ce sera une personne capable de discernement.

Être présent dans chaque maison de retraite sur le territoire des communes est aussi essentiel. Cela implique d'avoir de bonnes relations avec les directeurs et de collaborer à la vie de l'établissement. Dans la mesure du possible il est utile de proposer une messe de temps en temps si l'on peut disposer d'un prêtre, ou bien d'une assemblée de prière avec communion. Nous retrouvons là, la raison d'être de la réserve eucharistique.

Le service diocésain de la santé se propose d'organiser pour nous des sessions de formation pour nos visiteurs. Comme nous l'a dit Brigitte Darras en se référant notre évêque : il faut bien se rendre compte qu'une page sociologique est en train de se tourner ; que travailler le lien avec les malades ne peut se faire qu'en équipe, que la bonne volonté ne suffit plus, que nous devons continuer à appeler des personnes mais nous devons en priorité les appeler à se former. (Par exemple pour visiter un malade que l'on ne connaît pas)



En définitive nous pouvons trouver ensemble « la nouvelle posture de l'Eglise »en ce qui concerne notre présence spirituelle auprès des malades .

Voici quelques orientations que nous donne le père Jean-Marie Onfray (délégué diocésain à la pastorale de la santé du diocèse de Tours) :

Entendre la demande spirituelle de la personne malade est une priorité pour ceux qui proposent une écoute aux personnes fragilisées. Pour cela il est important de faire corps en Eglise. La rencontre de la personne malade nous oblige à accepter de ne pas être détenteur d'un savoir sur l'autre et nous invite à sortir de nos réflexes de poser des étiquettes sur les personnes. Ôte tes certitudes ! Être présent à la vérité de l'autre est fatigant, mais c'est le chemin nécessaire afin qu'il redevienne sujet de son histoire s'il le désire. C'est le silence de l'écoute qui permet la parole déterminante pour la personne en souffrance. Si la douleur est à combattre et n'a aucune vertu, la souffrance implique une résonance en nous qui demande à s'exprimer. Depuis que Dieu s'est fait homme, le plus spirituel se dit dans le plus charnel. Entendre la demande spirituelle de la personne malade nous demande dans un même élan de se risquer sur des chemins inconnus dans la confiance de Celui qui nous devance.


Philippe Dekoker (paroisse Maria Goretti)

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Article écrit par Paroisse St François en Val d'Escaut    Publié Samedi 18 juin 2011 - 20h24     - 1115 visites
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